L’entreprise, un collectif à animer (comme les autres !)
On parle beaucoup de productivité. Beaucoup moins de qualité. Pourtant, c’est autour de la qualité du travail que se jouent l’absentéisme, le turnover… et le sens. Dans ce court ouvrage, les chercheurs font des propositions concrètes fondées sur leurs travaux pour répondre au malaise au travail. Malaise lié à la question des rémunérations, mais pas seulement. "Il se traduit à la fois par des maladies professionnelles, du burn-out, des pertes de sens, par aussi le sentiment de ne pas être écouté, ne pas être entendu. Ni au travail, ni quand on essaie de le manifester, comme avec la réforme des retraites, insiste le politiste Bruno Palier. Ce que l’on a essayé de faire, c'est de rassembler des propositions qui visent à permettre de travailler dans de meilleures conditions, de travailler mieux. Ces propositions, sont rassemblées par des chercheurs qui ont pu observer sur le terrain ou dans les comparaisons entre différents services, différentes entreprises et surtout entre différents pays, ce qui marchait." Avec @Bruno Palier, politiste, directeur de recherche du CNRS à Sciences Po au Centre d’études européennes
L'entreprise est l'un des principaux lieux de coordination de l'action collective. Elle agrège des compétences, stabilise des règles, arbitre des conflits de priorités et produit des décisions qui engagent durablement des personnes, des territoires et des chaînes de valeur. Pourtant, la théorie économique a longtemps eu tendance à réduire l'entreprise à un dispositif contractuel, ou à la traiter comme une boîte noire gouvernée par l'objectif de performance financière. À l'inverse, l'économie des conventions invite à considérer que l'activité économique tient par des cadres de jugement, des normes, des dispositifs et des formes de légitimité qui rendent l'action collective praticable. Les questions de gouvernance au sein de l’entreprise ne sont donc pas des questions techniques secondaires, elles sont au cœur de la manière dont une société définit ce qui compte, ce qui vaut et ce qui oblige. La co-détermination s'inscrit dans ce déplacement : elle propose de traiter la décision d'entreprise comme une décision collective en reconnaissant une place structurante aux salariés dans les instances de gouvernement. Par Olivier Favereau, professeur émérite de sciences économiques à l'université Paris Nanterre.
"Regardez-les. Regardez-vous. Nous sommes autour de cette table, ou derrière ces écrans, dans une réunion de coordination qui, bien souvent, ne coordonne que des absences. Dans ce flux ininterrompu, tout le monde est là physiquement, mais personne n'est présent existentiellement. La réunion devient l'espace où l'on vient valider son appartenance au système plutôt que son appartenance à la communauté des êtres pensants." Par Jérôme LECOQ, Philosophe praticien, Fondateur de DIALOGON et expert en développement de l’esprit critique & dialogue stratégique