Temps de cerveau disponible | août #14

On refait le point sur l’Economie Sociale et Solidaire

Quelle est la différence entre intérêt général et utilité publique ? Comment fonctionne une société coopérative ? Que veulent dire les acronymes Scop et Scic ? Qu'est-ce que le mouvement d'éducation populaire ? Pour vous aider à y voir plus clair, Carenews décrypte les notions clés de l'économie sociale et solidaire. Tour d'horizon.
Dans la recherche comme dans le monde associatif, des pans entiers de l’activité dépendent désormais des appels à projets. Gage de neutralité en apparence, ce mode de sélection et de qualification sur critères oriente profondément l’action des organismes sans but lucratif dans le social, l’environnement et même la science. Il fait aussi perdre beaucoup de temps, de pertinence et d’efficacité.
Ce webinaire fait suite à la publication du guide méthodologique de l'Avise « Mutualisations et fusions dans l'économie sociale et solidaire », qui s'appuie sur sept démarches concrètes de rapprochement pour en détailler les enjeux, les facteurs de réussite et les principaux risques à anticiper.

L’avenir et… le progrès

À l’occasion de son vingtième anniversaire, célébré sous le thème « Quel avenir pour le progrès ? Quels progrès pour l’avenir ? », l’IHEST vous présente sa nouvelle série vidéo : Échos du futur. Le concept ? Inviter nos intervenants historiques à revisiter leurs réflexions passées pour les confronter aux défis contemporains.

De la condition de vie des jeunes

Ces dernières années, la santé mentale a fait l’objet d’une intense actualité médiatique et politique, au point d’être proclamée « grande cause nationale » en 2025. Cette préoccupation apparaît encore plus marquée lorsqu’il s’agit de la santé mentale des jeunes. Articles de presse, émissions, prises de position de professionnel·les et d’acteurs du champ alertent sur un état jugé particulièrement dégradé, notamment depuis la crise sanitaire du covid-19. S’est ainsi progressivement imposée une forme d’évidence sociale concernant l’ampleur d’une « crise » de la santé mentale des jeunes. La notion même de « santé mentale » n’est pas neutre. Elle renvoie à une définition élargie, institutionnalisée par l’Organisation mondiale de la santé, comme état de bien-être, et non plus seulement absence de trouble. Ce passage de la psychiatrie à la santé mentale élargit considérablement le périmètre d’analyse. De même, la catégorie des « jeunes » est plurielle, traversée par des statuts sociaux et des conditions d’existence différenciées. L’enjeu de cette revue de littérature est double : objectiver les réalités empiriques de l’état de santé mentale des jeunes et analyser la construction sociale et politique contemporaine de la « crise » de la santé mentale des jeunes.
L’emploi des jeunes est une préoccupation à laquelle tous les gouvernements ont été confrontés depuis 50 ans. Au cours d’un dîner-débat du CRAPS, le président du Medef a mis l’accent sur la question de l’implication des jeunes dans le marché du travail. Il a notamment mentionné que les « NEETs » constituent une importante réserve de main-d’œuvre inactive et en marge du marché du travail, et souligné que si la plupart de ces jeunes étaient en emploi, le financement de la protection sociale ne poserait pas de problème. Ce zoom sur l’emploi des jeunes fait un point sur la situation de l’ensemble des jeunes de 15 à 29 ans sur le marché du travail, de manière à bien mettre en évidence l’enjeu que représente l’insertion en emploi de ces jeunes NEETs. On dénombre actuellement 12,1 millions de jeunes de 15 à 29 ans. Parmi eux, environ 5,3 millions sont encore en formation initiale, dont 3 millions d’étudiants dans l’enseignement supérieur ; 1,6 million de ces jeunes cumulent scolarité et emploi, dont 1 million en apprentissage, si bien que tous les autres (3,7 millions) suivent un cursus sans travailler, et sont ainsi classés comme « inactifs » dans les statistiques. Seulement 7,5 % des jeunes sortent prématurément du système scolaire avec, au maximum, le brevet des collèges (environ 60 000) par an, moitié moins qu’au début des années 2000. Et 52 % des jeunes qui sortent actuellement de formation initiale sont diplômés de l’enseignement supérieur.
La génération Z est devenue le synonyme d'une jeunesse qui aurait réinventé son rapport au travail, en disant non au management toxique et aux carrières sacrifiées. Une étiquette flatteuse, mais qui oublie les membres moins fortunés de cette classe d'âge, obligés d'enchaîner les boulots alimentaires, faute de mieux.
Les premiers résultats de l’enquête Génération du Céreq éclairent l’entrée sur le marché du travail des jeunes sortis du système éducatif en 2021, dans un contexte marqué par les chocs économiques. Malgré un accès à l’emploi globalement favorable, ces jeunes affrontent des débuts de carrière instables où la qualité des emplois se dégrade avec la conjoncture. Replacés dans le temps long, ces résultats disent cependant surtout la permanence des hiérarchies scolaires  : plus le diplôme est élevé, plus l’insertion reste favorable, et l’absence de diplôme continue de peser lourdement sur l’accès à l’emploi. S’appuyant sur une comparaison avec les précédentes Générations, ce Céreq Bref offre un regard sur l’évolution de la valeur des diplômes en vingt ans, et montre qu'ils gardent un fort rôle protecteur face au chômage.

Les nuages s’accumulent au-dessus du marché du travail. Sans correction, le nombre d’inscrits chez France Travail grimpe de 0,8 % entre les deux premiers trimestres de 2026 pour la catégorie A et de 3,1 % sur un an. En tenant compte de la réforme « plein-emploi », le nombre de personnes inscrites à France Travail en catégorie A a un peu baissé entre le premier et le second trimestre 2026 (-0,2 %), selon les chiffres de la Dares. Sur un an, la diminution est plus marquée (-1,6 %). Pour rappel, tous les bénéficiaires du RSA, les jeunes inscrits aux missions locales et les travailleurs inscrits à Cap emploi doivent pointer à France Travail, ce qui, mécaniquement, fait « gonfler » les statistiques.
Cette enquête commence par un message vocal. Celui d'une amie de la journaliste Audrey Travère, qui vient de recevoir un mail étrange de sa conseillère France Travail : elle a été inscrite à une prestation d’accompagnement sans être prévenue. Un détail, en apparence. Mais en tirant le fil de cette histoire, la journaliste tombe sur un sujet beaucoup plus large et inquiétant : un milliard d’euros versés en trois ans à des sous-traitants de France Travail pour des prestations aux résultats discutables, des entreprises qui détournent des dispositifs de retour à l’emploi pour bénéficier d’une main d’œuvre à moindre coût et un algorithme expérimental – jusqu'ici confidentiel – conçu pour choisir les chômeurs à contrôler.

C’est les vacances…

Conquête sociale de 1936, prolongée par les politiques d’équipement du territoire, l’accès aux vacances quitte l’agenda public dans les années 1980, quand le tourisme devient une industrie stratégique tournée vers les clientèles internationales... L’étude plaide pour remettre le temps libre à l’agenda des politiques publiques autour de quatre orientations : doter le champ d’un appareil de connaissance, réduire le non-recours par la simplification et le rapprochement des guichets, reprendre le soutien à l’investissement du tourisme social et solidaire, créer un fonds national de soutien au départ sur le modèle espagnol et portugais. Dix personnalités du tourisme complètent l’analyse par autant de propositions concrètes, nées de l’expérience de terrain, pour élargir l’accès effectif aux vacances.

La transformation numérique publique

C’est l’angle mort de la transformation numérique publique : mettre un formulaire en ligne ne supprime pas la complexité d'une procédure. Cela la transfère. Hier, la complexité était absorbée par un agent au guichet, quelqu'un qui corrigeait l'erreur en direct, reformulait la question mal comprise, orientait vers la bonne pièce. Aujourd'hui, cette complexité repose entièrement sur l'usager, seul face à une interface qui, elle, ne reformule rien.

Vous prendrez bien un peu d’IA ?

De plus en plus d’acteurs interrogent la CNIL sur la possibilité de recourir aux caméras « augmentées », notamment dans le contexte de l’expérimentation prévue par la loi . Quel est le cadre juridique applicable ? Quels sont les cas d’usage autorisés ? La CNIL dresse un état des lieux.
Vous vous connectez sur votre assistant IA conversationnel : il vous salue amicalement, « Vous êtes de retour ! » Puis vous lui soumettez une question de vocabulaire, l’ébauche bancale d’un texte ou une intuition fragile : « Quelle bonne idée ! » Très souvent, avant même d’examiner votre requête, l’IA vous gratifie d’un commentaire élogieux (« Excellente question » ou « C’est un sujet fascinant »). Ce réflexe de validation porte un nom dans la recherche récente : sycophancy, en anglais, que l’on peut traduire par « effet sycophante » ou « biais de complaisance ».

Retrouvez nos infolettres précédentes ici Bruits en coulisse – Ir&d Conseil