Temps de cerveau disponible | juillet #13

ESS et monde associatif

Offrir à l’ensemble des acteurs de l’Économie Sociale et Solidaire un signe de ralliement synonyme de fierté, partagé par toutes et tous, valorisant pour chacun et facile d’utilisation, c’est le pari de la marque « ESS, l’économie en mieux » ! Associations, coopératives, mutuelles, fondations et sociétés commerciales de l’ESS sont invitées à porter la marque ESS pour éclairer les citoyennes et citoyens dans leurs choix au quotidien.
L’ESS hérite du XIXe et XXe siècle des formes de mutualisations (mutualité, groupements d’employeurs, coopératives d’activité et d’emploi, etc.) désormais au cœur de son patrimoine.  Toutefois, face à l’impératif d’articuler justice sociale et sobriété dans l’usage des ressources et d’affronter solidairement les risques liés aux crises écologiques et sociales et à la transition, elle doit aujourd’hui renouveler son approche de la mutualisation. En conséquence, le Labo de l’ESS et le comité de pilotage associé à son axe de travail « Changer le modèle économique » ont décidé, pour l’année 2025, de dédier les travaux de cet axe à ce sujet afin d’interroger les conditions de mutualisations porteuses de modèles socio-économiques à la fois sobres, résilients et solidaires, au service des projets d’utilité sociale plutôt que de la seule recherche d’une rationalisation des coûts. Les différents contenus produits dans ce cadre et diffusés tout au long de l’année constitueront un dossier thématique intitulé « Quelles mutualisations face aux défis écologiques et sociaux du XXIe siècle ? », en partenariat avec Aéma Groupe et l'Institut pour la recherche de la Caisse des Dépôts.
Le Mouvement associatif, le F3E et la Fonda ont engagé un partenariat autour d’un programme intitulé « Nouveaux regards sur l’évaluation en association (NOURA) », dont la mise en œuvre est prévue sur la période 2025-2026. L’objectif du programme est de contribuer à consolider et valoriser le modèle associatif en France, par le renforcement de la culture et de la pratique de l’évaluation. Son principe est de partir de l’expérience des associations dans les territoires et structurer une dynamique collective mobilisant toutes les parties prenantes concernées par le sujet.
86 % des professionnels des associations et fondations qui font appel à la générosité utiliseraient déjà l’Intelligence artificielle (IA) dans leurs missions. Cependant, près d’un sur deux (47 %) le ferait hors d'un cadre défini par leur organisation (« shadow IA »). C’est ce que révèle l’étude 2026 de France générosités sur l’usage de l’IA au sein des organismes sans but lucratif (OSBL). 63 % es répondants situent leur organisation dans une démarche proactive vis-à-vis de l’IA. Parmi les organisations ayant une démarche proactive, seules 28 % ont effectivement déployé ou sont en train de déployer de tels outils. L’étude de France générosités précise que « les autres sont en phase de réflexion ou de tests, sans que cela se soit traduit par des changements opérationnels concrets ». 37 % des sondés décrivent en effet une posture passive ou réfractaire vis-à-vis de l’IA et dans cette catégorie une grande majorité serait en « simple veille sans s’être saisi[e] du sujet ». 

Territoires, politique et pouvoir d’agir

Quarante ans après les lois Defferre, la décentralisation française bute sur un paradoxe. Jamais les collectivités n’ont eu autant de compétences sur le papier, et pourtant nombre d’élus se disent aujourd’hui empêchés d’agir. L’étude écarte l’explication courante, celle du trop de normes et du manque de moyens, pour chercher la cause là où on ne la regarde jamais. Au fil de réformes jamais mises en cohérence, la France a bâti un système où l’État a perdu la capacité d’agir lui-même, sans pour autant renoncer à gouverner. Il continue de tenir la main, mais à distance : par les normes, les grands schémas, les financements sous condition et la multiplication des comités. À cela s’ajoute un éparpillement des acteurs et des responsabilités tel que plus personne n’a de vision d’ensemble. Résultat, un système devenu illisible, où décider ne suffit plus à faire. Face à cela, les acteurs ne restent pas les bras croisés. Ils inventent des moyens de contourner le blocage.
La justice spatiale est partout à l’oeuvre dans l’action publique territoriale, mais elle ne fait l’objet d’aucune délibération explicite. À chaque arbitrage (modalités d’accès aux services, tarification, allocation des aides, droits d’occupation des sols…), les collectivités estiment, qu’elles le formulent ou non, ce qui est juste et ce qui ne l’est pas. Or, faute de référentiel commun et partagé, chacun mobilise sa propre grille de lecture, et le verdict d’injustice tombe quel que soit l’arbitrage rendu. Cette étude, fondée sur une enquête menée auprès de 4 005 personnes représentatives de la population française et administrée par l’Ifop, propose de remettre en débat les conceptions de la justice qui fondent, souvent à leur insu, les politiques territoriales.

RSE… on en est où ?..

Pas simple d'être un professionnel de la RSE (Responsabilité sociale des entreprises) en 2026. Entre les aléas réglementaires induits par les lois omnibus (ces textes européens visant à simplifier le Green Deal), les remous géopolitiques et économiques, les résistances, le manque de temps ou de moyens, les difficultés sont nombreuses pour celles et ceux qui veulent contribuer à transformer durablement les entreprises. Une récente étude, réalisée par le Pacte Mondial de l’ONU, l’Institut de l'Économie Durable, Michel Page, Lefebvre Dalloz Compétences et Toovalu a interrogé 260 professionnels de la RSE pour identifier les difficultés rencontrées à leur arrivée en fonction.

Travail et métamorphoses

Comment susciter la confiance ? Sur quels leviers appuyer pour la faire naître et convaincre ? La culture française assimile souvent cet état d’esprit à un don naturel, à des qualités propres aux individus, quel que soit le contexte. Une étude montre pourtant qu’inspirer confiance dépend largement de l’environnement et, notamment, de la manière dont les individus dirigés perçoivent leurs dirigeants. Cela est vrai pour la vie des entreprises, mais aussi en politique.
Plus que jamais, le travail se retrouve au cœur de toutes les préoccupations. L’ubérisation isole et précarise le travailleur des temps post-modernes. La crise bioclimatique interroge le sens de l’activité salariée et impose de refonder la manière dont elle se réalise. Passé le choc de l’intelligence artificielle, il s’agit désormais de penser la manière dont se stabilise cette nouvelle machinisation des professions dites « intellectuelles ». Ces bouleversements, tant existentiels que techniques, font ressurgir des questions aussi vieilles que le travail lui-même. Où commence-t-il, où finit-il ? Est-il possible de se libérer du travail ? Est-ce souhaitable ? Plutôt que chercher à s’en libérer, faut-il plutôt chercher à le libérer de certaines logiques managériales et de certains dogmes économiques ? Y répondre suppose d’affiner un outillage critique remodelé, mêlant sciences humaines et philosophie. Explorant les pistes de la planification écologique du travail comme de sa nécessaire démocratisation, cet entretien propose de saisir ses dernières grandes métamorphoses. Dominique Méda est sociologue et philosophe. Spécialiste des politiques sociales et de l’emploi, elle est professeure de sociologie à l'Université Paris Dauphine-PSL.
À partir du 1er septembre, la durée maximale d’une première prescription d’arrêt de travail sera plafonnée à un mois pour « contrer les abus et diminuer la facture » de 17,9 milliards d’euros de 2025. Ces absences pour raison de santé ne devraient-elles pas également être interprétées comme un signe de contestation d’un management ressenti comme vertical et contrôlées par les chiffres ?

Jeunesses et nouveau monde

En France, un quart des jeunes ne sont jamais partis de chez leurs parents avant 23 ans. Ces cohabitations au domicile parental au-delà de 23 ans renvoient à des situations contrastées. Certains jeunes font face à une situation de précarité liée à l’absence d’emploi, à l’instabilité de l’emploi ou encore à des revenus issus du travail trop faibles pour accéder à un logement autonome. D’autres restent chez leurs parents le temps de réaliser leurs études supérieures. Enfin, ces cohabitations concernent également des jeunes, principalement des femmes, qui aident des proches, ce qui rend nécessaire leur présence au domicile familial.
Selon une enquête du Groupe VYV et de la CNIL menée dans quatre pays européens, près de 9 jeunes sur 10 utilisent une IA conversationnelle en France et près d’un sur deux y évoque des sujets personnels, ces outils s’imposant comme des interlocuteurs en matière de santé mentale — non sans risques pour leur bien-être et leurs données.