Temps de cerveau disponible | juin #12

Transitions sociales, sociétales et professionnelles

Le 11 mars 2011 à 14 h 46, un séisme de magnitude 9 frappe les côtes de Tōhoku, au Japon. Moins de quarante minutes plus tard, le tsunami arrive. Entre les deux, les habitants ont eu à peine le temps de s’organiser et de partir. Le politiste Daniel Aldrich a étudié les bilans de cette catastrophe dans 133 municipalités côtières. Sa conclusion renverse notre manière occidentale de concevoir l’action politique par le prisme d’une planification technique : ce ne sont ni la hauteur des digues, ni la densité des équipements de secours qui expliquent les écarts de mortalité des habitants, qui vont de 0 à 10 % selon les communes. C’est le capital social : la confiance entre résidents, la densité des réseaux de réciprocité, qui font que le voisin mérite d’être prévenu.
L’édition pour 2025 de Transitions explore les transitions démographique, numérique et écologique pour comprendre comment elles vont impacter le marché du travail. Le magazine revient aussi sur les sujets clés de l’Assurance chômage : la trajectoire de désendettement du régime, la lutte contre les idées reçues sur les demandeurs d’emploi et la vitalité du paritarisme.
L'institut de recherche belge a suivi sur cinq ans, les trajectoires de près de 7700 jeunes en Wallonie. Les résultats convergent avec des travaux français sur l'"introuvable" adéquation formation-emploi.Extrait de ce rapport : "Contrairement aux attentes, les formations aux métiers dits « en tension » n’offrent pas nécessairement une insertion plus rapide ni plus stable sur le marché du travail. Cinq ans après leur sortie, seul un tiers des diplômés semble encore travailler dans le secteur correspondant à leur formation initiale. En conclusion, les politiques de lutte contre les pénuries doivent dépasser la seule logique de volume de formation. Il est urgent de questionner les conditions de travail et d’emploi dans les secteurs concernés, et de renforcer l’employeurabilité : la capacité des entreprises à attirer, stabiliser et valoriser leur main-d’œuvre".
Si des dirigeants de la tech défendent la semaine de 32 heures pour faire profiter des gains de productivité induits par l’IA, pour les cadres et les ingénieurs, c’est souvent la douche froide. Avec, au programme, intensification du travail et surveillance accrue.
Le développement de l'intelligence artificielle aura des impacts plus forts sur les métropoles que sur les territoires moins dynamiques. C'est l'une des conclusions de l'étude de la Coface et de l'Observatoire des emplois menacés et émergents (OEM) publiée le 1er avril 2026. En cause : une exposition à l'IA plus forte des tâches cognitives, complexes et non répétitives, qui se trouvent plutôt dans les grands centres urbains, à l'inverse des vagues d'automatisation précédentes qui ciblaient les cols bleus.

Usages, modes de vie et parcours professionnels des jeunes

La notion de NEET (not in education, employment or training) occupe aujourd’hui une place importante pour évaluer les difficultés d’insertion des jeunes. (...) L’usage de ce sigle, d’abord apparu au Royaume–Uni dans les années 1990, s’est étendu ensuite aux pays d’Asie, particulièrement au Japon, pour devenir un indicateur reconnu internationalement dans les années 2010. En France, un taux de NEET est ainsi calculé depuis 2010, dans le cadre de la stratégie européenne sur l’éducation et la formation. Il mesure la part des personnes de 15 à 29 ans qui ne sont ni en études, ni en emploi, ni en formation. Remarquons que cette définition ne repose pas sur un niveau de formation : on peut être NEET et diplômé de l’enseignement supérieur. Le taux de NEET est ainsi de 12,8 % en 2021. Ce qui ne signifie pas que 12,8 % des jeunes de 15 à 29 ans aient été dans cette situation de NEET sur l’ensemble de l’année 2021 : c’est le taux moyen obtenu à quatre dates différentes de l’année à partir de l’enquête Emploi de l’INSEE.  Il est important de le rappeler, parce que cela signifie qu’un jeune peut être NEET de manière très provisoire. Et compte tenu de la forte instabilité des premiers emplois, ce sont 70 % des jeunes sortants du système éducatif, tous diplômes confondus, qui passent par une situation de NEET dans les trois premières années de leur parcours, si on se réfère aux données de l’enquête Génération 2010 du Céreq. Être NEET constitue donc une situation à un moment donné, qui peut évoluer au cours du temps. 
Au départ cantonnées à des usages scolaires ou professionnelles, les IA conversationnelles prennent une place croissante dans la vie des jeunes, jusqu’à investir une sphère plus personnelle. Elles deviennent, pour certains, un espace de confidence : 48 % les utilisent pour parler de sujets personnels ou intimes, et 33 % les considèrent comme un « psy » dans certains cas. Cette proportion atteint 46 % chez les jeunes répondants souffrant d’anxiété. Cette évolution traduit une transformation profonde des usages numériques : l’IA ne se limite plus à un outil ludique, elle devient un interlocuteur accessible, disponible à tout moment, perçu comme non jugeant et facile d’accès. Elle s’inscrit ainsi dans les parcours informels d’écoute, de conseil et de soutien dans la vie quotidienne.
Chez les jeunes, les écarts de chances et d’opportunités se creusent souvent très tôt et marquent durablement les trajectoires de vie. Derrière les chiffres, les inégalités vécues par les jeunes recouvrent des ressentis bien réels : elles façonnent les parcours, nourrissent le sentiment d’injustice et fragilisent la confiance dans l’avenir. Pour mieux comprendre ces réalités, L’Ascenseur et Ifop ont co-produit la deuxième édition du Baromètre des inégalités perçues et ressenties par les jeunes. Cette enquête met en lumière des fractures persistantes en matière de santé, d’éducation, d’insertion professionnelle, d’accès à la culture et d’engagement.
Mieux orienter les jeunes vers les métiers qui recrutent, aller chercher les décrocheurs, promouvoir des jobs étudiants « de qualité »... le gouvernement a présenté une stratégie pour améliorer l'insertion professionnelle des jeunes, dont le taux de chômage grimpe, mais sans moyens supplémentaires. Baptisée "Emploi futur", cette stratégie interministérielle de 15 mesures de court et moyen terme a pour objectif de porter le taux d'emploi des 15-24 ans à 40 % d'ici 2030, selon le ministre du Travail Jean-Pierre Farandou, contre 34,3% fin 2025.

Qualité de la vie au travail

Une vaste littérature empirique étudie les effets des modèles d’organisation du travail sur les conditions de travail et/ou la satisfaction des salariés. Cet article cherche à la fois à enrichir cette littérature et à la dépasser, en prenant en considération plus largement les contextes socio-productifs articulant différentes dimensions – organisation du travail, mais aussi gestion des ressources humaines, dialogue social, stratégie et contexte économiques. Peut-on ainsi identifier des modèles socio-productifs au sein desquels les salariés déclarent de meilleures conditions de travail et une meilleure satisfaction que dans d’autres ?

Ressources coopératives : merci Animacoop !

Les 8 modules de la formation à la coopération Animacoop sont accessibles en ligne avec au programme : introduction à la coopération et aux dynamiques de groupe, les usages et outils numériques éthiques, 2 facteurs-clés pour la favoriser la contribution, la posture d'animation pour favoriser l'implication, les Communs, la gestion de projet en mode coopératif, prise de décision et gouvernance, vers des projets résilients et compostables...

Annuaire des aides et soutiens aux organisations de l’ESS en difficulté

La succession des crises liées à la pandémie, à l'inflation et aujourd’hui à la réduction de subventions met en tension, parfois en péril, les modèles socio-économiques des structures de l'économie sociale et solidaire. Des milliers d'associations, fondations, coopératives, mutuelles et entreprises sociales qui assurent des missions essentielles sur les territoires sont confrontées à des enjeux de fragilisation des trésoreries et de risques sur l'activité et l'emploi. Ce document regroupe l’ensemble des mesures de soutien, points de contact et outils pratiques avec une ambition de référencement large des dispositifs, tant nationaux que sectoriels et territoriaux pour prévenir, surmonter ou rebondir après des difficultés.

Retrouvez nos infolettres précédentes ici Bruits en coulisse – Ir&d Conseil